28 février 2009
Paint it black
D'autres en parlent mieux que moi, donc pas de long discours ici. Juste un post pour dire que même si, comme un sinistre député (suppléant) des Hauts-de-Seine capillairement extravagant, je fais partie des vétérans du Net, je ne soutiens pas pour autant la loi scélérate que ses camarades d'hémicycle tentent d'imposer, en méconnaissance totale d'Internet. Internet qu'on nous présente - quel mensonge ! - comme une zone de non-droit, et comme un repaire de "trafiquants d'armes, de médicaments ou d'objets volés et de proxénètes, de psychopathes, de violeurs, de racistes et de voleurs".
29 janvier 2009
[Aparté] C'est la lutte...
Alors bien sûr, on a bien battu le pavé ce matin, c'est important. Chez nous, 15 000 selon le Figaro, 35 000 selon la police, pas loin de 50 000 sur l'échelle de décembre 1995. Et pas de que des feignasses de fonctionnaires. Des dockers, des élus, cocarde sur le coeur, des Renault (il faut dire qu'ils morflent dans la région), mais aussi des salariés qu'on voit moins souvent et dont on se dit que quand ils sortent banderoles au poing, c'est que vraiment ça va mal : Crédit agricole, Leroy-Merlin, Carrefour... En somme, ce matin, c'était du lourd. C'était à la fois réjouissant, grisant même, autant qu'inquiétant quant à la situation sociale.
Mais il y a autre chose qui me chiffonne. Un de ces détricotages discrets dont souvent on se rend compte quand il est trop tard. Aujourd'hui, le Planning familial est en difficulté. L'Etat, par le biais de la loi de finances pour 2009, vient de réduire drastiquement les crédits alloués à l'activité de conseil conjugal et familial du Planning (-42 %, soit 1 millions d'euros de subvention en moins, voir le communiqué de presse).
Je n'ai pas l'intention d'exprimer mes indignations à tout bout de champs sur ce blog (ou alors ça m'obligeraoit à bloguer plusieurs fois par jour), mais il est des sujets sur lesquels je suis furieusement chatouilleuse. Celui des droits des femmes est de ceux-là. Une pétition a été mise en ligne ce matin, en soutien au Planning familial ; à cette heure, elle a déjà recueilli près de 6 000 signature et n'attend plus que la vôtre.
12 janvier 2009
J'aime pas la censure
Ils avaient déjà enterré Derrick par anticipation et célébré Bernard Lavilliers, voilà maintenant qu'il est question de notre Johnny belgo-helvéto-national. Sauf qu'ils n'auront pas le droit de faire figurer Le jour de la mort de Johnny sur leur prochain album. Qu'à cela ne tienne, ils le joueront en tournée et YouTube nous permet encore (mais que fait Frédéric Lefebvre ?) d'écouter le morceau. Et en plus, c'est cadeau, la vidéo nous permet de voir Laurent un petit peu sur la fin (non je ne suis pas une midinette |o)
Pour voir le communiqué officiel des Fataux, c'est ici.
21 octobre 2008
Le journalisme et l'art de réinventer la poudre
Bon, je suis un peu verte car je viens de me rendre compte que je me suis fait souffler par le Bibliobsédé, entre mon tour de web du matin et ce soir, la primeur d'un commentaire absolument pertinent sur Journalistiques, blog super intéressant au demeurant. Je ne lui en veut pas, mais du coup, mon propos, ruminé depuis mon trajet domicile-travail du midi, va un peu sentir le gratin de nouilles réchauffé :(
Le pitch du billet, intitulé carrément "Comment la presse d'information peut créer de nouveaux emplois", c'était en gros de dire qu'il fallait inventer une "nouvelle fonction journalistique de
chercheur-vérificateur". S'ensuit une intéressante liste de sites de référence, qui permettront au "chercheur-vérificateur" de faire correctement son travail de recherche et de validation de l'information. Au fil de la lecture du billet, je me dis, tiens, c'est marrant, en fait, "chercheur-vérificateur", ça apporte peut-être plein de valeur ajoutée aux organes de presse, mais ça ressemble quand même vachement à mon boulot...
Arrivée à la fin de la liste, je suis rassurée, je ne dois pas être si nulle, je connais ces sites, mon honneur est sauf, alléluia. M'enfin il y a quand même un truc qui me gratte un peu. Voire qui pique... En quoi est-ce un nouveau métier (et c'est là que je deviens verte, quand je m'apprête à l'écrire en comm. en rentrant du boulot et que je découvre que le Bibliobsédé a agi à ma place) ? Je le répète, je n'ai rien contre Journalistiques, bien au contraire, je suis même assez fan et lectrice régulière. Je sais par ailleurs que le journalisme est en crise, je vous renvoie notamment à la lecture des passionnants billets de Narvic sur Novövision, il en parle beaucoup mieux que moi. Il est clair que c'est un métier qui tente de se réinventer pour faire face à l'explosion de l'offre d'information, aux modifications profondes que traverse le modèle économique de la presse et surtout aux nouvelles pratiques d'internautes devenus info-consommateurs (et par mimétisme avec la consommation tout court, "infobèses". On pourrait prolonger la comparaison à plein d'égards mais ce n'est pas mon propos ce soir). Donc, OK, on est d'accord, le journalisme doit se réinventer, ou au moins se reconstruire.
Il me semble qu'on apprend aux journalistes lorsqu'ils vont à l'école que le plagiat c'est le Mal incarné. Il me semble même que le huitième alinéa de la Charte des devoirs professionnels du journaliste précise que le journaliste "ne commet aucun plagiat". Le mot est peut-être un peu fort, mais quand je lis ce que devrait être cette "nouvelle fonction de chercheur-vérificateur", je suis désolée mais j'y vois mon métier et rien d'autre, en tout cas rien de bien neuf. Je sais que journalistes et documentalistes ne sont pas au sens strict du terme des "confrères", puisque nous n'exerçons pas le même métier. Nous travaillons certes avec la même matière première - l'information -, nous employons quelques techniques similaires (synthèse, vérification des sources notamment), mais la comparaison à mon sens s'arrête là. Je me permettrais néanmoins de citer le neuvième alinéa de ladite Charte en rappelant que le journaliste "ne sollicite pas la place d'un confrère" ; s'il pouvait ne pas solliciter celle du documentaliste de l'open-space d'à-côté, ça nous ferait bien plaisir aussi. D'ailleurs, je le lui déconseille, pour la bonne raison que je doute que l'aristocratie de l'info, aussi mal en point soit-elle, ait envie de se confondre à la plèbe documentaire, aux petites mains des services Doc des groupes de presse que certains journalistes (pas tous, que l'on soit bien d'accord, je ne généralise pas) n'hésitent pas à traiter avec suffisance et mépris. A moins que ce ne soit le signe d'un retour en grâce des documentalistes dans la presse, mais je crains de devoir rester pessimiste sur ce point.
Je comprends bien que c'est la crise pour tout le monde. Le marché du travail dans la doc est ce qu'il est, c'est-à-dire pas très reluisant, depuis plusieurs années. J'aimerais pouvoir croire que c'est le signe d'une revalorisation de notre métier. Malheureusement, j'y vois plutôt une méconnaissance, frisant l'ignorance, de nos métiers (entendre "ignorance" dans les deux sens du terme : "Etat de celui qui ne connaît pas l'existence de quelque chose" autant qu' "Action de ne pas reconnaître la nature, la valeur de quelque chose" - Déf. du dictionnaire du CNRTL). J'y vois plutôt une solution de repli corporatiste un peu désespérée, et le risque de voir anéantir tout ce que les professionnels de l'info-doc ont bâti depuis des années, tout ce travail de réinvention de nos métiers, d'adaptation aux (N)TIC et de repositionnement en tant qu'infomédiateur. Au final, on risque de faire entrer en concurrence deux métiers qui ne sont pas les mêmes (demandez-moi de faire une interview ou une enquête, j'en suis bien incapable !), même si Alain Joannes s'en défend dans sa réponse au Bibliobsédé. Puisse-t-il en tout cas avoir raison sur au moins une chose : qu'en effet la presse d'information crée de nouveaux emplois... de documentalistes/veilleurs/recherchistes/infomédiateurs (ne rayez aucune mention, elles sont toutes utiles) !
09 octobre 2008
Saint-Paul (Otlet), priez pour nous
Aujourd'hui, c'était RTT et du coup, j'ai pu m'adonner en prenant mon temps à diverses activités qu'en temps ordinaire j'exécute après le boulot et au pas de course. C'est ainsi que j'ai pu expérimenter et valider ma théorie selon laquelle pousser un caddie dans un hyper est beaucoup moins générateur de stress le jeudi en début d'après-midi que le samedi à 16 h, et ce pour deux raisons :
- le jeudi, pas d'instit ni de "80 %" dans les rayons, ils sont tous au turbin. Cerise sur le gâteau, pas un seul enfant autonome dans ses déplacement à l'horizon puisqu'ils sont à l'école.
- en début d'après-midi en semaine, les vieux font la sieste regardent les Feux de l'amour. Le temps qu'ils émergent de leur torpeur et sortent le caddie à roulettes, on est peinard jusque vers 15 h.
Bref, en trois-quarts d'heure c'est plié et en plus je ne suis même pas énervée !
Fin de l'intermède ménager, là n'était pas mon propos. En fait, comme j'ai eu tout mon temps aujourd'hui, j'en ai profité pour rédiger en avance et sans stress ma prose pour Territorial. J'étais bien à fond sur l'édito, tellement à fond que j'ai dû m'autocensurer. Non, franchement, ça ne le faisait pas d'écrire ça pour un site pro, sur lequel je me permets déjà pas mal d'entorses à la bienséance journalistique. Bon, en même temps, je ne suis pas journaliste non plus...
Il était question d'un billet de Bruno Richardot sur la formation initiale des documentalistes, dans lequel j'ai bien aimé l'utilisation du concept de "pêché originel de la documentation". Il y relève une question naïvement posée sur biblio-fr (sur le blog, vu qu'il n'y a pas plus de 10 lecteurs, je peux balancer le nom de la liste), sur les moyens de devenir documentaliste en étant titulaire d'un master en histoire et sans faire la démarche de se former au métier. Il se trouve que de par mon cursus, je suis plutôt bien placée pour répondre à la question et y répondre catégoriquement : NON ! Certes, n'importe quel travail de "recherche" (j'y mets des guillemets, car je n'ai pas la prétention d'avoir fait de la "recherche" en pondant 100 pages de maîtrise) amène à développer des habilités en matière de recherche d'information (quel bonheur d'interroger DocThèses et Francis sur Cd-Rom !). Mais rien de plus. Et après presque dix ans de pratique, je confirme que mon boulot ne se résume pas à ça, même s'il existe d'excellents ouvrages sur la question que je ne peux que vous recommander pour la modique somme de 59 euros, à vot' bon coeur ;-). Avec le recul, je n'ose même pas imaginer ce que ça aurait donné si on m'avait lâchée dans un centre de doc sans formation préalable aux techniques documentaires. On apprend évidemment beaucoup sur le terrain, c'est indéniable, et je ne remercierai d'ailleurs jamais assez ma première responsable de stage, qui en 4 semaines m'a appris bien plus que les deux années universitaires de mention Doc qui venaient de s'écouler. Chapeau bas aussi, tant qu'on y est, à Yolande Skouri, dont j'ai suivi la dernière année d'enseignement à l'INTD avant une retraite bien méritée.
Pour tout dire, le message de biblio-fr dont il est question, je l'avais bien repéré, mais je ne m'en étais pas formalisée outre mesure, sans doute par déplorable habitude de voir quelques années d'études supérieures réduites à bien peu de choses. C'est malheureux mais je crois que j'ai arrêté de m'indigner... en tout cas pour ça ! Pour autant, je n'oublierai jamais le ton péremptoire avec lequel le taulier d'une des cafet' de la fac m'avait condamnée dès 1996 à faire grossir les rang de l'ANPE parce que de toute façon "avec Internet, ton métier dans 3 ans il n'existera plus"... Constat 12 ans plus tard :
- mon métier existe toujours,
merci ;
- je l'exerce depuis bientôt
10 ans, émaillés d'une seule période de chômage
de 6 mois. Pour qui a vécu la génération
"emplois-jeunes" et ses ravages dans le monde de
l'info-doc (merci Martine), je crois que je ne m'en sors pas si mal
;
- je ne m'étalerai pas sur la
carrière dudit taulier ; certains autochtones voient très bien de
qui je parle, et ont au moins eu vent de la fulgurante carrière
politique de ce personnage, qui pourtant avait l'air de s'y
connaître en choix professionnels... Comme quoi miser sur le
bon cheval, ça ne s'improvise pas !
Forcément, je ne peux que raccrocher cette récurrente question de la formation à mes lectures du moment, à savoir la bio de Paul Otlet (je vous la conseille, ce bonhomme est définitivement fascinant). Parce qu'en effet, il a bien fallu qu'un jour les techniques documentaires voient le jour, et il a bien fallu des pionniers sans formation initiale pour mettre tout ça sur pied. M'enfin n'est pas Paul Otlet, notre père à tous, qui veut... Il faudra que je vous en recause, du gars Paulo, parce que je lui découvre des facettes (clin d'oeil même pas appuyé à Ranganathan) que je ne lui soupçonnais pas. C'est vraiment une personnalité complexe, que la méthode et l'obstination qu'il met à organiser ses fiches et le monde ne permet d'imaginer sans qu'on se penche sur son histoire. J'y reviendrai quand j'aurai tout lu et tout digéré.
Sur ces bonnes paroles, et pour filer la métaphore biblique, je vous laisse croquer la pomme en compagnie de l'idole des jeunes (de plus de 60 ans), accompagné de son Eve du moment dans un scopitone endiablé...
JOHNNY HALLYDAY et SYLVIE VARTAN - croque la pomme
envoyé par dividu
01 octobre 2008
Parle à mon web, le monde est malade
Comme j'étais un peu dans le gaz la semaine dernière pour cause de bureau pas chauffé rhinite automnale, j'ai éprouvé comme une sorte de flemme à mettre en mots l'irritation qu'a provoqué le traitement par les médias, en particulier audiovisuels, de la dernière tuerie lycéenne à la mode chez nos amis Finlandais.
J'aime assez regarder Canal le midi, ça me détend pendant ma pause déjeuner. C'est pas toujours niveau Polytechnique, mais pour faire la coupure, je me satisfais assez bien des débardeurs jacquard d'Ariel Wizman et des pitreries parfois surréalistes de Chris Esquerre. Mais mercredi dernier, j'ai été effarée par le volume de conneries débitées en rafale dans cette émission, tout comme chez la concurrence aussi bien télévisuelle que radiophonique. Sur Canal, l'info a fait l'objet d'un traitement à part dans l'émission, sur le thème "Les dangers d'Internet". Déjà, rien que le titre, ça me chatouille un peu... Pendant la petite dizaine de minutes qu'a duré la séquence, j'ai littéralement bouilli en entendant les pires absurdités à propos du Net : tous les clichés y sont passés, aucun ne manquait à l'appel ! Parce qu'à entendre les médias, si Matti Saari a méthodiquement dégommé ses congénères à coup de pruneaux de 22, c'est forcément la faute à Internet. Le grand méchant Web, l'ennemi tout trouvé quand on veut se mettre les mains devant les yeux en hurlant "c'est pas vrééééééé !", l'arme imparable du donneur de leçon imbécile qui n'a rien compris, ou qui, au contraire, a justement tout compris et nous sort la "menace" Internet comme un écran de fumée - dormez je le veux. A aucun moment je n'ai entendu de journaliste ou d'"expert" (règle importante à la télé : toujours avoir un expert sous le coude, un gars qui a deux-trois idées sur le sujet, c'est un gage de sérieux) envisager l'hypothèse qu'éventuellement le geste de ce jeune homme puisse avoir été inspiré par autre chose qu'Internet le Malin. S'il a fait ça, c'est parce qu'il l'a vu sur Internet. Si l'autre jour un gamin a mis le feu à trois bagnoles, c'est parce qu'il voulait faire comme dans GTA. Ces vérités établies, je comprends mieux maintenant pourquoi Bush veut envahir l'Iran : c'est sans doute parce qu'il a trop joué à Civilization...
Pour revenir à notre jeune Finlandais, il faudrait peut-être commencer à se poser les bonnes questions. Et ne pas perdre de vue qu'Internet n'est qu'un medium et rien d'autre, auquel on estime que seulement environ 15 % de la population mondiale a accès. C'est bien entendu le gigantesque réceptacle de tout ce qui fait notre monde (occidental), qui rend la diffusion d'information (et de désinformation) plus rapide que jamais, mais ce n'est qu'un des reflets de la société dans laquelle nous vivons. Que le web favorise la circulation des informations ne fait aucun doute ; qu'il soit la cause du pétage de plomb d'un adolescent, manifestement très organisé néanmoins, me laisse en revanche véritablement sceptique. Certes le Net lui a permis de voir et de lire des choses pas forcément intelligentes mais qu'il aurait aussi bien pu trouver à la kirjasto du coin, mais aussi de déposer quelques signaux alarmants qu'en d'autres temps il aurait couchés sur du papier ou taggés sur les murs. Mais on ne peut sérieusement pas rendre Internet coupable des troubles psychologiques qui l'ont poussé à commettre ces actes. L'influence d'Internet n'a jamais été évoquée pour expliquer la tuerie de Columbine, alors même que cet outil était en plein essor à l'époque et qu'il a été avéré que les deux ados l'utilisait fréquemment. Ils y avaient d'ailleurs laissé des traces de la planification de leur geste. Déjà à l'époque, il y a presque dix ans, le Web est bien plus un moyen d'expression d'un certain mal-être qu'une source d'inspiration.
Ce même mercredi, j'ai entendu une bêtise tout aussi énorme aux infos, notamment sur Canal : deux jeunes filles se sont suicidées suite à un mystérieux "pacte" conclu sur Internet. Je ne remets absolument pas en doute le fait qu'elles se soient rencontrées sur le Net, mais imputer au Net leur passage à l'acte est un peu capillotracté. Toute deux n'en étaient pas à leur première tentative de suicide, et on peut donc aisément imaginer qu'avec ou sans Internet, il existait malheureusement quelques risques qu'elles récidivent un jour ou l'autre... et parviennent à leurs fins, sans jeu de mots macabre. Encore une fois, le coupable tout désigné est Internet.
Plutôt que de s'acharner comme toujours de façon simpliste sur la partie visible des problèmes, il serait temps qu'on s'interroge sur ce qui motive ces actes désespérés. Actes désespérés qui à mon humble avis ont toujours existé mais dont on ne parle qu'en fonction des modes médiatiques du moment. Vous avez aimé les chiens dangereux, les ascenseurs vétustes, les enfants de Don Quichotte et leur cortège de lois prises sous le coup de l'émotion mais toujours inapplicables ? Alors vous adorerez ce qui se profile avec Internet ! Quand les médias de masse vont-ils faire tomber leurs œillères de pacotille et arrêter de nous prendre pour des imbéciles et/ou d'essayer de nous faire peur en brandissant des menaces qui n'en sont pas ? Comme disait ma grand-mère, quand on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage...
Et pour rester en Finlande, petit tour au bord d'un lac lapon sous le soleil de minuit...
Sirkka (commune de Kittilä), Finlande, juin 2006
23 septembre 2008
Budget (presque) bouclé
Alléluia, l'exercice le plus casse-bonbons de l'année est enfin en passe de s'achever ! Reste à faire avaler les presque 12 % d'augmentation (gasp !) par rapport à 2008, ça, c'est pas gagné... Même si ça fait quand même 7 ans qu'on se débrouille à budget constant.
Il faut dire que jusqu'alors, on ne consommait pas tous les crédits. Mais d'année en année, la marge s'amenuise pour avoisiner zéro. Les compétences s'additionnent et la collectivité grossit (les effectifs ont presque doublé en 6 ans !), de nouveaux besoins émergent, et on a beau raboter un peu en faisant la chasse aux abonnements redondants, il arrive un moment où la soupe déborde.
"Pas plus que l'inflation", nous a-t-on sobrement notifié par voie de note de service au début de l'été. Je doute que ça marche, mais je peux toujours essayer d'expliquer au directeur financier qu'on nous ment et qu'on nous spolie et que le pouvoir d'achat, Pernaut l'a dit, il baisse bien plus que ce qu'on veut bien nous dire. On nous cache tout on nous dit rien, sans parler de la recrudescence ! Paraît que le Président est parti chercher la croissance avec les dents ; peut-être qu'il devrait demander conseil à Jackie Sardou pour entretenir ses prémolaires, parce que pour l'instant, on ne voir pas grand chose venir...
Le souci, c'est que dans les collectivités, la tendance n'est pas trop trop aux dépenses somptuaires - si tant est qu'on puisse mettre sur le même plan l'information et les petits fours. Je préfère cela dit ne pas trop m'aventurer sur ce terrain, car certaines collectivités privilégient les seconds au détriment de la première... En tout cas, une chance pour moi que les EPCI soient épargnés par les coupes sombres dans la Dotation de solidarité urbaine (DSU) ; sur ce point, camarades des mairies (et des bibliothèques) de Rouen, Grand-Quevilly et Gonfreville-l'Orcher, je suis de tout coeur avec vous, les temps vont être durs...
Ces informations, les éditeurs juridiques semblent les ignorer, si l'on en croit les augmentations démesurées qu'ils nous imposent tous les ans. J'ai vu par exemple passer cette année des CD-Rom affichant un bon gros 40% d'augmentation par rapport à 2007 ! Que ces gens-là ne viennent pas ensuite nous faire la leçon sur le gaspillage d'argent public...
M'enfin, la journée de travail est finie, on y repensera demain.
Je prends de mauvaises habitudes totalement dénuées d'originalité, et je dépose moi aussi la photo qui n'a rien à voir...
Budapest, mars 2007
14 juillet 2008
Soulagement
Ils sont enfin partis... Les bateaux, les touristes, les homo-automobilis arrogants, les cars de clubs du 3ème âge et les bons Français moustachus à l'humour anisé.
Depuis bientôt 20 ans, on nous promet tous les cinq ans la fête pendant dix jours. Tant que je ne travaillais pas j'ai fui. Maintenant qu'il faut bien bouffer et, c'est normal, laisser la priorité aux mères de famille, je suis coincée. Je ne peux pas faire comme les centaines (milliers ?) d'autochtones qui ont avancé leur congés pour échapper à l'invasion de marins d'eau douce.
Dix jours de fête ? Dix jours de calvaire en ce qui me concerne. On pourra me reprocher d'être une trentenaire pisse-froid et acariâtre ; en ces circonstances, je le prendrais limite pour un compliment. Je pourrais aussi essayer de vaguement me défendre en répondant que ce n'est pas ma conception de la fête. Se marcher les uns sur les autres en beuglant, la binouze "de luxe" à la main et le chapeau de pirate en carton de la Matmut sur la tête, s'entasser comme des moutons sur le chemin de l'abattoir dans des bus bondés et faire la queue pendant deux plombes sous la flotte pour monter sur un rafiot amélioré en manquant de relever le défi de Chirac à la moindre glissade, ce n'est pas ma conception de la fête. Arriver tous les matin la tronche à l'envers au travail, non pas parce qu'on s'est bien éclaté, mais parce qu'on n'a pas pu fermer l'oeil avant une heure indue à cause des "festivités", si tant est qu'on puisse considérer les hurlements avinés, les hélicos de la gendarmerie et les sirènes de la maréchaussée comme des festivités, ça m'amuse moyen également.
Je pourrais faire un catalogue du cortège de nuisances que l'on subit depuis 10 jours. Mais je m'arrête là, sinon on va vraiment finir par croire que je suis une indécrottable aigrie adepte d'un ascétisme des plus orthodoxes et qu'en plus je ne suis pas une "bonne Rouennaise". Pourtant, en vrai, je n'ai rien contre une bonne bouteille, un bon concert ou un truc sympa à visiter. Limite je veux bien être bonne pâte et tolérer la foule, mais uniquement quand c'est pour contempler des cerisiers en fleur au Japon, assister au premier come back des Pink Floyd avec un final de folie genre ciel zébré d'éclairs pendant "Another brick in the wall", ou faire signer une affiche par les Fatals Picards (surtout si Laurent me dit que j'ai un très joli t-shirt).
M'enfin tout ça pour dire qu'ils sont partis, et que même s'il faut encore patienter 4 semaines pour la vrai déconnexion, le mois de juillet va enfin pouvoir commencer à prendre des airs de vacances.
05 juillet 2008
Jean de Nivelles à trois chevaux...
... et une bibliothèque en péril.
L'histoire de la bibliothèque de Nivelles n'est malheureusement pas unique ; elle me touche un peu plus que les autres parce que je n'ai pas envie que mon neveu de 3 ans grandisse dans une ville de près de 25.000 habitants sans une bibliothèque digne de ce nom.
A l'origine, une histoire de gros sous sur fond de réorganisation. La solution envisagée est simple : licencier 17 personnes, la moitié d'entre elles ayant une ancienneté qui tourne autour de 20 ans. Comme toutes les associations, les sources de financement sont multiples ; on s'étonnera néanmoins de la faiblesse de la participation de la Ville de Nivelles et de la Province du Brabant wallon au regard de ce que peut apporter la Communauté française.
Les licenciements devaient être effectifs au 1er juillet. Les employés de l'asbl Promo Lecture bénéficieront néanmoins d'un sursis, les préavis de licenciement ayant été annulés pour vice de forme.
Une pétition est en ligne ici (déjà plus de 1.500 signataires en ligne et un total de plus de 3.000 signatures) et un blog a été ouvert par les représentants du personnel de la bibliothèque. Les employés de Promo Lecture ont par ailleurs reçu de nombreux soutien, dont celui de l'Association professionnelle des bibliothécaires et documentalistes (belge) et de l'écrivaine Amélie Nothomb.
Quelques "coupures" de presse :
- "La bibliothèque au Parlement", Vincent Fifi, 04/07/2008, La Dernière Heure.
- "Préavis levés à la bibliothèque de Nivelles", 03/07/2008, La Libre Belgique.
- "Licenciements à la bibliothèque", Sophie Devillers, 19/06/2008, La Libre Belgique.



