09 décembre 2008
Parce qu'il faut bien revenir quand même...
Pas de trop de regrets ce matin au départ de Marseille : le temps nous a permis de nous réacclimater un peu avant de monter dans le TGV... Il y a comme à l'accoutumée une tonne de photos à traiter, et pour ne pas changer une équipe qui gagne, je suis d'ores et déjà convaincue que dans 6 mois j'en serai toujours au même point dans le traitement !
Mais je n'étais pas sur Marseille que pour la bagatelle, j'y était surtout pour participer à l'AG d'Interdoc, qui fêtait cette année ses quinze ans. L'occasion de mettre des visages et des voix sur bon nombre de noms qu'on voit régulièrement passer sur la liste ou le forum de l'association et d'échanger sur nos pratiques, dans une ambiance toujours détendue. L'organisation, menée de main de maître par le président Michel Noguier et les collègues du CG des Bouches-du-Rhône, était impeccable et nous avons été vraiment très bien accueillis.
Evidemment, une fois sur place, c'eût été dommage de ne pas prolonger un peu le séjour, histoire de découvrir une ville qui m'était jusqu'alors inconnue et de rendre visite à une vieille copine partie s'installer à l'ombre de la Bonne-Mère il y a presque dix ans. Alors bien sûr, je ne me suis pas transformée en "méditerrannéolâtre" d'un claquement de doigts, et je reste donc une inconditionnelle des villes du Nord. Mais ce serait cracher dans la soupe que de dire que je n'ai pas apprécié le séjour. Ce que j'en retiens ? Un climat évidemment fort agréable, une ville tout en villages à l'urbanisation déconcertante, un couscous kabyle à tomber par terre, la Cité Radieuse, une mer turquoise...
21 octobre 2008
Le journalisme et l'art de réinventer la poudre
Bon, je suis un peu verte car je viens de me rendre compte que je me suis fait souffler par le Bibliobsédé, entre mon tour de web du matin et ce soir, la primeur d'un commentaire absolument pertinent sur Journalistiques, blog super intéressant au demeurant. Je ne lui en veut pas, mais du coup, mon propos, ruminé depuis mon trajet domicile-travail du midi, va un peu sentir le gratin de nouilles réchauffé :(
Le pitch du billet, intitulé carrément "Comment la presse d'information peut créer de nouveaux emplois", c'était en gros de dire qu'il fallait inventer une "nouvelle fonction journalistique de
chercheur-vérificateur". S'ensuit une intéressante liste de sites de référence, qui permettront au "chercheur-vérificateur" de faire correctement son travail de recherche et de validation de l'information. Au fil de la lecture du billet, je me dis, tiens, c'est marrant, en fait, "chercheur-vérificateur", ça apporte peut-être plein de valeur ajoutée aux organes de presse, mais ça ressemble quand même vachement à mon boulot...
Arrivée à la fin de la liste, je suis rassurée, je ne dois pas être si nulle, je connais ces sites, mon honneur est sauf, alléluia. M'enfin il y a quand même un truc qui me gratte un peu. Voire qui pique... En quoi est-ce un nouveau métier (et c'est là que je deviens verte, quand je m'apprête à l'écrire en comm. en rentrant du boulot et que je découvre que le Bibliobsédé a agi à ma place) ? Je le répète, je n'ai rien contre Journalistiques, bien au contraire, je suis même assez fan et lectrice régulière. Je sais par ailleurs que le journalisme est en crise, je vous renvoie notamment à la lecture des passionnants billets de Narvic sur Novövision, il en parle beaucoup mieux que moi. Il est clair que c'est un métier qui tente de se réinventer pour faire face à l'explosion de l'offre d'information, aux modifications profondes que traverse le modèle économique de la presse et surtout aux nouvelles pratiques d'internautes devenus info-consommateurs (et par mimétisme avec la consommation tout court, "infobèses". On pourrait prolonger la comparaison à plein d'égards mais ce n'est pas mon propos ce soir). Donc, OK, on est d'accord, le journalisme doit se réinventer, ou au moins se reconstruire.
Il me semble qu'on apprend aux journalistes lorsqu'ils vont à l'école que le plagiat c'est le Mal incarné. Il me semble même que le huitième alinéa de la Charte des devoirs professionnels du journaliste précise que le journaliste "ne commet aucun plagiat". Le mot est peut-être un peu fort, mais quand je lis ce que devrait être cette "nouvelle fonction de chercheur-vérificateur", je suis désolée mais j'y vois mon métier et rien d'autre, en tout cas rien de bien neuf. Je sais que journalistes et documentalistes ne sont pas au sens strict du terme des "confrères", puisque nous n'exerçons pas le même métier. Nous travaillons certes avec la même matière première - l'information -, nous employons quelques techniques similaires (synthèse, vérification des sources notamment), mais la comparaison à mon sens s'arrête là. Je me permettrais néanmoins de citer le neuvième alinéa de ladite Charte en rappelant que le journaliste "ne sollicite pas la place d'un confrère" ; s'il pouvait ne pas solliciter celle du documentaliste de l'open-space d'à-côté, ça nous ferait bien plaisir aussi. D'ailleurs, je le lui déconseille, pour la bonne raison que je doute que l'aristocratie de l'info, aussi mal en point soit-elle, ait envie de se confondre à la plèbe documentaire, aux petites mains des services Doc des groupes de presse que certains journalistes (pas tous, que l'on soit bien d'accord, je ne généralise pas) n'hésitent pas à traiter avec suffisance et mépris. A moins que ce ne soit le signe d'un retour en grâce des documentalistes dans la presse, mais je crains de devoir rester pessimiste sur ce point.
Je comprends bien que c'est la crise pour tout le monde. Le marché du travail dans la doc est ce qu'il est, c'est-à-dire pas très reluisant, depuis plusieurs années. J'aimerais pouvoir croire que c'est le signe d'une revalorisation de notre métier. Malheureusement, j'y vois plutôt une méconnaissance, frisant l'ignorance, de nos métiers (entendre "ignorance" dans les deux sens du terme : "Etat de celui qui ne connaît pas l'existence de quelque chose" autant qu' "Action de ne pas reconnaître la nature, la valeur de quelque chose" - Déf. du dictionnaire du CNRTL). J'y vois plutôt une solution de repli corporatiste un peu désespérée, et le risque de voir anéantir tout ce que les professionnels de l'info-doc ont bâti depuis des années, tout ce travail de réinvention de nos métiers, d'adaptation aux (N)TIC et de repositionnement en tant qu'infomédiateur. Au final, on risque de faire entrer en concurrence deux métiers qui ne sont pas les mêmes (demandez-moi de faire une interview ou une enquête, j'en suis bien incapable !), même si Alain Joannes s'en défend dans sa réponse au Bibliobsédé. Puisse-t-il en tout cas avoir raison sur au moins une chose : qu'en effet la presse d'information crée de nouveaux emplois... de documentalistes/veilleurs/recherchistes/infomédiateurs (ne rayez aucune mention, elles sont toutes utiles) !
15 octobre 2008
When will I, will I be famous ?
Non, vous n'avez pas été rick'rolled ni même bros'rolled, ou alors vous étiez volontaires ;-)
Un petit billet en passant pour dire que j'apparais cette quinzaine dans la presse territoriale. Collègues territoriaux, vous avez le choix entre les deux titres du marché, devinez lequel, vous avez 5 secondes. Un indice se cache dans la mention de périodicité...
Pour les non-initiés, ça se passe là (ce lien est tout moisi, je le sais mais j'assume), et on remercie qui de droit pour la belle photo, qui orne aussi la 4ème de couv. (ill. en coul.) de mon bouquin (il va falloir que je me calme sur les liens autopromotionnels).
Au-delà de l'autosatisfaction un peu crasse que je tire à m'exhiber aux yeux de la territoriale tout entière, je vous recommande chaudement l'article, surtout si quand je vous dis quel est mon métier vous faites ressurgir des tréfonds de votre mémoire la vieille bique acariâtre tout en chignon et en gilet gris du CDI de votre adolescence. Oui, vous voyez très bien de qui je parle, la mégère qui ne s'exprime qu'à l'aide d'une impressionnante palette de "shut", allant du "shut" bref et agacé au "shuuuuuuuuuut" molasse qui fleure bon la lassitude de fin de journée, la vieille fille qui connaît la CDU par coeur et honore chaque matin l'autel qu'elle a consacré à Paul Otlet Philippe Meirieu dans un recoin de son T1bis auquel son chat n'a pas accès, de peur qu'il ne déflore d'un trait d'urine pourtant bien envoyé la saincte icône.
Je vous laisse avec l'une de mes innombrables idoles à peine honteuses, car j'ai cru comprendre que la vidéo pourrie avait au moins autant de succès que la photo qui n'a rien à voir chez d'autres...
09 octobre 2008
Saint-Paul (Otlet), priez pour nous
Aujourd'hui, c'était RTT et du coup, j'ai pu m'adonner en prenant mon temps à diverses activités qu'en temps ordinaire j'exécute après le boulot et au pas de course. C'est ainsi que j'ai pu expérimenter et valider ma théorie selon laquelle pousser un caddie dans un hyper est beaucoup moins générateur de stress le jeudi en début d'après-midi que le samedi à 16 h, et ce pour deux raisons :
- le jeudi, pas d'instit ni de "80 %" dans les rayons, ils sont tous au turbin. Cerise sur le gâteau, pas un seul enfant autonome dans ses déplacement à l'horizon puisqu'ils sont à l'école.
- en début d'après-midi en semaine, les vieux font la sieste regardent les Feux de l'amour. Le temps qu'ils émergent de leur torpeur et sortent le caddie à roulettes, on est peinard jusque vers 15 h.
Bref, en trois-quarts d'heure c'est plié et en plus je ne suis même pas énervée !
Fin de l'intermède ménager, là n'était pas mon propos. En fait, comme j'ai eu tout mon temps aujourd'hui, j'en ai profité pour rédiger en avance et sans stress ma prose pour Territorial. J'étais bien à fond sur l'édito, tellement à fond que j'ai dû m'autocensurer. Non, franchement, ça ne le faisait pas d'écrire ça pour un site pro, sur lequel je me permets déjà pas mal d'entorses à la bienséance journalistique. Bon, en même temps, je ne suis pas journaliste non plus...
Il était question d'un billet de Bruno Richardot sur la formation initiale des documentalistes, dans lequel j'ai bien aimé l'utilisation du concept de "pêché originel de la documentation". Il y relève une question naïvement posée sur biblio-fr (sur le blog, vu qu'il n'y a pas plus de 10 lecteurs, je peux balancer le nom de la liste), sur les moyens de devenir documentaliste en étant titulaire d'un master en histoire et sans faire la démarche de se former au métier. Il se trouve que de par mon cursus, je suis plutôt bien placée pour répondre à la question et y répondre catégoriquement : NON ! Certes, n'importe quel travail de "recherche" (j'y mets des guillemets, car je n'ai pas la prétention d'avoir fait de la "recherche" en pondant 100 pages de maîtrise) amène à développer des habilités en matière de recherche d'information (quel bonheur d'interroger DocThèses et Francis sur Cd-Rom !). Mais rien de plus. Et après presque dix ans de pratique, je confirme que mon boulot ne se résume pas à ça, même s'il existe d'excellents ouvrages sur la question que je ne peux que vous recommander pour la modique somme de 59 euros, à vot' bon coeur ;-). Avec le recul, je n'ose même pas imaginer ce que ça aurait donné si on m'avait lâchée dans un centre de doc sans formation préalable aux techniques documentaires. On apprend évidemment beaucoup sur le terrain, c'est indéniable, et je ne remercierai d'ailleurs jamais assez ma première responsable de stage, qui en 4 semaines m'a appris bien plus que les deux années universitaires de mention Doc qui venaient de s'écouler. Chapeau bas aussi, tant qu'on y est, à Yolande Skouri, dont j'ai suivi la dernière année d'enseignement à l'INTD avant une retraite bien méritée.
Pour tout dire, le message de biblio-fr dont il est question, je l'avais bien repéré, mais je ne m'en étais pas formalisée outre mesure, sans doute par déplorable habitude de voir quelques années d'études supérieures réduites à bien peu de choses. C'est malheureux mais je crois que j'ai arrêté de m'indigner... en tout cas pour ça ! Pour autant, je n'oublierai jamais le ton péremptoire avec lequel le taulier d'une des cafet' de la fac m'avait condamnée dès 1996 à faire grossir les rang de l'ANPE parce que de toute façon "avec Internet, ton métier dans 3 ans il n'existera plus"... Constat 12 ans plus tard :
- mon métier existe toujours,
merci ;
- je l'exerce depuis bientôt
10 ans, émaillés d'une seule période de chômage
de 6 mois. Pour qui a vécu la génération
"emplois-jeunes" et ses ravages dans le monde de
l'info-doc (merci Martine), je crois que je ne m'en sors pas si mal
;
- je ne m'étalerai pas sur la
carrière dudit taulier ; certains autochtones voient très bien de
qui je parle, et ont au moins eu vent de la fulgurante carrière
politique de ce personnage, qui pourtant avait l'air de s'y
connaître en choix professionnels... Comme quoi miser sur le
bon cheval, ça ne s'improvise pas !
Forcément, je ne peux que raccrocher cette récurrente question de la formation à mes lectures du moment, à savoir la bio de Paul Otlet (je vous la conseille, ce bonhomme est définitivement fascinant). Parce qu'en effet, il a bien fallu qu'un jour les techniques documentaires voient le jour, et il a bien fallu des pionniers sans formation initiale pour mettre tout ça sur pied. M'enfin n'est pas Paul Otlet, notre père à tous, qui veut... Il faudra que je vous en recause, du gars Paulo, parce que je lui découvre des facettes (clin d'oeil même pas appuyé à Ranganathan) que je ne lui soupçonnais pas. C'est vraiment une personnalité complexe, que la méthode et l'obstination qu'il met à organiser ses fiches et le monde ne permet d'imaginer sans qu'on se penche sur son histoire. J'y reviendrai quand j'aurai tout lu et tout digéré.
Sur ces bonnes paroles, et pour filer la métaphore biblique, je vous laisse croquer la pomme en compagnie de l'idole des jeunes (de plus de 60 ans), accompagné de son Eve du moment dans un scopitone endiablé...
JOHNNY HALLYDAY et SYLVIE VARTAN - croque la pomme
envoyé par dividu
23 septembre 2008
Budget (presque) bouclé
Alléluia, l'exercice le plus casse-bonbons de l'année est enfin en passe de s'achever ! Reste à faire avaler les presque 12 % d'augmentation (gasp !) par rapport à 2008, ça, c'est pas gagné... Même si ça fait quand même 7 ans qu'on se débrouille à budget constant.
Il faut dire que jusqu'alors, on ne consommait pas tous les crédits. Mais d'année en année, la marge s'amenuise pour avoisiner zéro. Les compétences s'additionnent et la collectivité grossit (les effectifs ont presque doublé en 6 ans !), de nouveaux besoins émergent, et on a beau raboter un peu en faisant la chasse aux abonnements redondants, il arrive un moment où la soupe déborde.
"Pas plus que l'inflation", nous a-t-on sobrement notifié par voie de note de service au début de l'été. Je doute que ça marche, mais je peux toujours essayer d'expliquer au directeur financier qu'on nous ment et qu'on nous spolie et que le pouvoir d'achat, Pernaut l'a dit, il baisse bien plus que ce qu'on veut bien nous dire. On nous cache tout on nous dit rien, sans parler de la recrudescence ! Paraît que le Président est parti chercher la croissance avec les dents ; peut-être qu'il devrait demander conseil à Jackie Sardou pour entretenir ses prémolaires, parce que pour l'instant, on ne voir pas grand chose venir...
Le souci, c'est que dans les collectivités, la tendance n'est pas trop trop aux dépenses somptuaires - si tant est qu'on puisse mettre sur le même plan l'information et les petits fours. Je préfère cela dit ne pas trop m'aventurer sur ce terrain, car certaines collectivités privilégient les seconds au détriment de la première... En tout cas, une chance pour moi que les EPCI soient épargnés par les coupes sombres dans la Dotation de solidarité urbaine (DSU) ; sur ce point, camarades des mairies (et des bibliothèques) de Rouen, Grand-Quevilly et Gonfreville-l'Orcher, je suis de tout coeur avec vous, les temps vont être durs...
Ces informations, les éditeurs juridiques semblent les ignorer, si l'on en croit les augmentations démesurées qu'ils nous imposent tous les ans. J'ai vu par exemple passer cette année des CD-Rom affichant un bon gros 40% d'augmentation par rapport à 2007 ! Que ces gens-là ne viennent pas ensuite nous faire la leçon sur le gaspillage d'argent public...
M'enfin, la journée de travail est finie, on y repensera demain.
Je prends de mauvaises habitudes totalement dénuées d'originalité, et je dépose moi aussi la photo qui n'a rien à voir...
Budapest, mars 2007
08 septembre 2008
Post partum
Après quelques (!) week-ends studieux et la montée d'adrénaline qui va bien à l'approche de la dead-line, le "bébé" sera en vente prochainement pour la modique somme de 59 euros aux éditions Territorial.
Le projet a débuté il y a bientôt un an, lorsque l'éditeur m'a contactée pour rédiger un ouvrage dans la collection "Dossier d'experts" sur le thème de la recherche d'information sur Internet. Tant sur le plan perso que professionnel, il n'y avait pas pire moment pour ce type de proposition ; mais, allez savoir pourquoi, j'ai quand même relevé le défi... et commencé à bâtir mon plan dans une chambre d'hôpital.
Ca ne s'invente pas, entre le premier contact et la remise du manuscrit, neuf mois se sont écoulés. Neuf mois de réflexion, de questionnement, d'angoisses et de remises en question : est-ce que je vais savoir faire ? est-ce que je vais aller au bout ? est-ce qu'il sera zéro-défaut ? est-ce qu'on va l'apprécier ? Ces questions, je me les pose encore maintenant, à part la deuxième, puisque si j'écris tout ça, c'est bien parce que j'ai terminé. Encore que, on n'a jamais fini...
J'ai procédé la semaine dernière à la relecture de l'épreuve que m'a envoyée l'éditeur. Comme le soir (la nuit...) où j'ai enfin tapé le point final et où, accessoirement, je me suis battue avec la mise en forme du texte, je n'étais pas satisfaite. J'aurais pu ajouter encore tellement de choses, en préciser d'autres, écrire différemment... Ce même dernier soir d'écriture, je me suis revue tout juste dix ans plus tôt, sur la table de la salle à manger de mes parents, mettant la dernière touche à mon mémoire de maîtrise pendant que ma mère suivait consciencieusement le bon déroulement de l'impression des premières parties et que mon ami Yves m'attendait patiemment pour enfin pouvoir prendre la route vers nos appart d'étudiants respectifs... J'ai ressenti, fin mai dernier, cette même excitation mêlée de soulagement, d'incertitude et de déchirement. Car il n'est jamais facile de couper le cordon, d'accepter qu'enfin ce projet qu'on a porté parte vivre sa propre vie, avec tous ses défauts. D'accepter d'en faire le deuil. D'accepter, aussi, de le soumettre au regard et donc au jugement potentiellement dur d'autrui. D'accepter les critiques, constructives autant qu'injustes, sans les prendre pour soi mais comme autant de conseils pour avancer et faire mieux.
Comme ce mémoire soutenu un jour de match d'ouverture de Coupe du monde, ce bouquin n'a rien d'intime. Pourtant, j'ai le sentiment que c'est une part de moi qui s'expose. C'est un petit bout de ma vie qui ne m'appartient déjà plus complètement. Et cette fois, c'est encore plus oppressant que lorsque j'ai rendu ce foutu mémoire que pas grand monde (pour ne pas dire personne) n'a lu. Cette fois, des gens vont payer pour me lire. J'ai intérêt d'être à la hauteur. Cette fois, ce n'est plus seulement une question d'amour propre et encore moins de mention. Cette fois, c'est la vraie vie, pas le cocon universitaire, dont on sait que sauf à vouloir y faire carrière il n'a guère d'importance.
N'ayant jamais su me vendre (et je pense que c'est trop tard pour apprendre !), je préfère ne pas me lancer dans l'autopromo et le mailing sauvage. De toute façon, si on me demande de parler de ce bouquin, je n'en vois que les défauts, les oublis, les "j'ai-pas-eu-le-temps" et tout ce qui à peine écrit avait déjà évolué. Ca ne m'empêche pas d'espérer qu'il aura la même carrière que l'équipe de France d'il y a dix ans... mais qu'elle ne s'achèvera pas sur un coup de boule.
Environs de Muonio, Laponie finlandaise, juin 2006.
22 juillet 2008
Le lecteur (de blog mais pas que) a-t-il tout de l'Ardéchois ?
Ou l'internaute est-il lui aussi un coeur fidèle ? C'est la question que s'est posé il y a quelques jours maintenant Eric Dupin, sur Presse-Citron. Il a en effet constaté qu'il sait un paquet de choses sur ses visiteurs (quand sont-ils venus, à quelle heure, combien de temps, quelle(s) page(s) ont-ils vue(s), d'où viennent-ils ? etc...), mais bien peu finalement sur leurs motivations à consulter son blog et sur leur fidélité. Seuls les pseudos utilisés dans les commentaires peuvent lui fournir quelques indications, mais cet indicateur n'est pas satisfaisant. On peut en effet être un lecteur régulier d'un blog sans jamais intervenir, ou à l'inverse ne venir qu'une ou deux fois et laisser un ou plusieurs messages. Cette donnée qualitative manquante ne manquerait pourtant pas d'intérêt, si tant est qu'elle soit possible à établir de façon fiable. L'adresse IP a été évoquée comme base, mais comme souligné dans les commentaires, un même lecteur peut se connecter avec différentes adresses IP (s'il consulte sur son lieu de travail et à domicile par exemple), il peut aussi changer d'adresse IP (déménagement, changement d'emploi...) et à l'inverse, plusieurs lecteurs peuvent avoir la même adresse IP (salariés d'une même entreprise n'ayant qu'une seule IP sortante, personnes utilisant une même connexion Internet à leur domicile, connexion via un cybercafé...).
Si j'ai immédiatement rapproché ces interrogation de ma toute fraîche expérience de blogueuse, j'ai ensuite fait un lien avec mon travail et la difficulté à appréhender les besoins et les usages nos lecteurs autrement que dans la globalité des froides statistiques de connexion. Même si mes problématiques sont en de nombreux points différentes de celles de mes collègues officiant en lecture publique, j'ai tout autant qu'eux besoin d'indicateurs pertinents pour piloter l'activité de mon service et coller au mieux aux besoins de mes utilisateurs ; et si possible en capter de nouveaux. Là où j'ai un gros avantage sur les BM, c'est que ma population de référence est beaucoup plus restreinte (la taille d'un petit bourg rural qui, vu sa population, n'aurait même pas de BM mais au mieux financerait un équipement intercommunal), et qu'en plus elle est par essence beaucoup plus captive car elle utilise mes services par nécessité professionnelle. En plus, là où on a été malin, c'est que les délibérations de la collectivité sont gérées après vote dans notre logiciel documentaire. J'ai l'air de plaisanter, mais ce choix nous permet de capter des utilisateurs qui n'utiliseraient sans doute jamais notre OPAC s'ils n'y trouvaient pas 8 ans de délib...
Mais malgré toutes les données objectives que l'informatisation de nos activités (et quelques tableaux Excel remplis "à la main"...) nous permettent de traiter, je peine à identifier mes "bons clients" et leurs besoins. On a bien sûr quelques relations privilégiées avec certains d'entre eux, ceux avec qui on a travaillé sur des projets communs et/ou développé quelques affinités. Mais ceux-là ne sont finalement plus à convaincre : ils nous ont identifié, connaissent nos activités et nos compétences, et savent faire appel à nous en cas de besoin. En revanche, les utilisateurs "de l'ombre", leurs pratiques et leurs besoins restent difficilement identifiables et j'imagine que leur fidélité est loin d'être inébranlable. Je les rapproche d'ailleurs des lecteurs de blogs qui ne laissent jamais de commentaires : fondus dans la masse, ils n'existent que dans leur globalité et non individuellement.
Je viens de rendre un bilan semestriel à mon directeur et la méconnaissance des individus qui se cachent derrière les chiffres, encourageants pour la plupart, me gêne et m'interdit de les analyser en profondeur. Il est évident que ni mes collègues ni moi n'avons le temps d'aller à la rencontre des plus de 700 agents qui composent la collectivité. Et quand bien même, ce serait aussi fastidieux qu'inutile (l'intérêt général est-il la somme des intérêts particuliers ? Vous avez 4 heures, pas de sortie avant 1 heure, les intercalaires sont sur le bureau du surveillant, n'oubliez pas de rabattre et de coller le coin des copies pour garantir l'anonymat). Je suis régulièrement tentée de lancer la classique enquête à laquelle personne ne va répondre, ou seulement ceux qu'on connaît déjà. Et puis quelle enquête ? Enquête de besoins ou enquête d'usage ? Vouloir mêler les deux est plutôt casse-gueule, je le sais pour m'y être essayée lorsque j'étais étudiante... Les seules réponses que j'avais récupérées à l'époque n'étaient guère significatives : à peine 10 % de taux de retour, la plupart des réponses émanant des cadres, qu'une fois embauchée je rencontrais de toute façon chaque semaine en réunion, et d'une manière générale des agents déjà utilisateurs du service... Un peu hard quand l'objet du stage est justement de développer les usages documentaires à tous les niveaux de la collectivité ! Et puis lancer une enquête est une chose, en dépouiller les résultats en est un autre... et pas forcément une partie de plaisir !
Dans les mois qui viennent, ma collectivité va vivre un important bouleversement. C'est une occasion unique à saisir pour remettre nos pratiques à plat et (re)faire connaissance avec nos utilisateurs. Je crains seulement de manquer de temps pour sortir la tête du guidon et prendre le recul nécessaire pour mieux connaître les usages et les besoins, et surtout les individus qui se cachent derrière eux, même les plus fidèles...
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Just for fun, les chiffres du blog à cet instant précis sont les suivants :
- 293 pages vues,
- 269 visites,
- 163 visiteurs uniques.
Quelques infos sur la provenance (mais Canalblog ne stocke que les 100 derniers accès...) : gros mercis à Sophie et Franpi, qui m'ont amenés un nombre sympathique de visiteurs (impressionnant après l'annonce de Sophie notamment !), et merci à ces mêmes visiteurs de m'avoir ajoutés dans leurs lecteurs de flux, en particulier Netvibes mais aussi Google Reader.
Et sinon, pour coller au titre, une petite photo de cette montagne qui est si belle et qui va un peu me manquer cette année... Au passage, j'ai remarqué en fouinant dans mes archives que j'avais fait de sérieux progrès photographiques en 3 ans, et pas que parce que j'ai troqué le compact pour le reflex !
06 juillet 2008
Créer, trouver et exploiter les blogs
Ce fut épique (vive le e-commerce, censé pallier l'incapacité des libraires à diffuser cet éditeur...) mais j'ai enfin reçu vendredi le bouquin qu'Olivier Ertzscheid a publié aux éditions de l'ADBS.
Comme je m'y attendais, Créer, trouver et exploiter les blogs est un ouvrage bien fichu et bien écrit, qui aborde l'essentiel
de la question : comment ça marche ? comment retrouver l'information ?
et quels types de contenus y trouve-t-on ? Il est tellement bien fichu et bien écrit que je suis convaincue que même ma mère pourrait le lire (et le comprendre), ce qui est peut-être le défaut de ses qualités. J'ai appris plein de trucs en le lisant, mais je reste un peu sur ma faim. J'aurais en effet bien aimé aller un peu plus loin, en particulier sur la partie "Créer", mais aussi sur l'aspect exploitation des blogs. En fait, je crois surtout que j'en attendais une prolongation, un approfondissement de la formation que j'ai suivie il y a peu chez Comundi sur les "Blogs, wikis et flux RSS" et que je n'y ai finalement trouvé que des compléments.
Au final, je recommande vraiment sa lecture à qui a besoin d'une bonne introduction à l'univers des blogs, car je doute qu'il existe plus clair et plus complet sur le marché. En revanche, les lecteurs un peu plus aguerris achèveront sans doute un peu frustrés la lecture de cet ouvrage. A quand le tome 2 ?



