Infodoc & lubies diverses...

Papillonnages et butinages ; et quelques photos aussi

25 février 2009

Beurnoute

Sous le clavier, plus seulement un mais deux pitchs de billets...
Des journées qui n'en finissent plus et leur lot de priorités prioritaires...
Un voyage que je n'ai pas le temps de préparer...
A peine rentrée, déjà couchée...

Heureusement qu'il reste des petits plaisirs simples comme ces chansons qui vous remontent en trente seconde et vous trottent ensuite dans la tête, comme pour vous rappeler que finalement tout cela n'est pas si grave...

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11 novembre 2008

Tchi tchaaa

Alors que je les avais boudées depuis de nombreux mois, c'est avec grand plaisir que j'ai récemment retrouvé le chemin des salles obscures. Il y a une quinzaine de jours d'abord, avec le film collectif Tokyo!, pour lequel les producteurs ont pris soin de placer la contribution de Leos Carax au milieu, histoire sans doute d'être sûrs que personne n'allait volontairement arriver en retard ou quitter précipitamment la salle...
Certes, je manque totalement d'objectivité, Interior Design, le film de Gondry aurait pu être ultra-nul, je l'aurais de toute façon trouvé formidable. Le fait est qu'il est formidable ;-) Comme à son habitude, il nous entraîne dans cet univers bien à lui, auquel on ne comprend pas toujours tout, mais dont la poésie nous porte jusque là où il veut nous emmener. Ou même un peu à côté, ou même au-delà, mais au fond quelle importance ? Tout en nous montrant la réalité très crue du Tokyo moderne qu'on pourrait résumer en trois mots - exiguïté, précarité et promiscuité -, la fenêtre reste ouverte, et au moment où on ne s'y attend plus, le film atteint les sphères surréalistes et métaphoriques qu'on s'était résigné à ne plus espérer.
Shaking Tokyo, du coréen Bong Joon-ho est lui aussi très poétique, bien que dans un tout autre style. Je ne connaissais pas ce réalisateur avant de voir Tokyo!, et de ce fait n'en attendais pas grand chose, à part peut-être de me laisser surprendre. Le pari est réussi, et Shaking Tokyo est un film asiatique de belle facture, dans lequel on retrouvera bien entendu ce qui, très schématiquement, caractérise ce cinéma : un film contemplatif, à l'ésthetique irréprochable, et traitant sous l'angle à peine métaphorique des névroses et des paradoxes de la société japonaise.
Je ne m'étalerai pas sur Merde, de Leos Carax. Je n'en attendais rien de particulier et j'ai bien fait. Comme la plupart de ses fim, j'ai trouvé celui-ci pompeux et bavard, et j'ai cru y reconnaître à quelques occasions le fantastique Parasites de Murakami  (Ryu, pas Haruki). Cela dit, c'est tellement du Carax tout craché que les fans apprécieront... La plus grande partie du film est assez pénible à regarder, en particulier la scène de "dialogue",
interminable comme un mauvais pétard, entre Denis Lavant et Jean-Franois Balmer. Je vois tout de même deux qualités à la contribution de Carax : premièrement, c'est l'occasion de déambuler dans Ginza et Shimbashi et ça, c'est la petite madeleine pour qui trépigne d'envie d'y retourner ; deuxièmement, j'ai eu beau détester au point d'avoir entamé le film coréen dans de mauvaises dispositions, je reconnais à Carax un sens aigu du cadre et de la lumière qui confère au moins un côté esthétique indéniable à quelques moments de son film.

Samedi, je suis allée voir un film sans grand rapport avec Tokyo! mais que je recommande chaudement. C'est ce que j'appelle couramment - et à tort -  un "film de filles", le genre de film que je ne peut aller voir que seule ou avec une copine. Il s'agit des Bureaux de Dieu de Claire Simon, un "film d'intérêt public" pour reprendre les mots de Rue89. Les Bureaux de Dieu n'est qu'en partie fictionnel. C'est surtout le fruit de l'observation du fonctionnement d'un centre du Planning familial à Grenoble au début des années 2000. On y croise une pléiade d'actrices ultra-connues et ultra-bankables (Nicole Garcia, Nathalie Baye, Isabelle Carré, Rachida Brakhni, Béatrice Dalle - et Michel Boujenah qui est remonté dans mon estime) et des non-professionnels, chacun "jouant" toujours juste son rôle. Les pointures s'effacent et bluffent par leur capacité à se mettre au service du témoignage que veut délivrer le film, chaque scène étant profondément inspirée d'une situation réelle observée par la réalisatrice. Et malgré ce qu'en dit Rue89, Les Bureaux de Dieu est bel et bien un film militant, au sens le plus noble du terme, comme on en avait rarement fait ces dernières années. C'est d'ailleurs ce qui m'a fait aimer ce film, d'autant plus qu'aucune place n'est laissée au voyeurisme, au moralisme, à la caricature ou à la mièvrerie. Jamais. Il nous rappelle aussi qu'en matière de respects des droits des femmes, rien n'est jamais acquis, et que les luttes d'il y a trente ou quarante ans sont malheureusement toujours d'actualité. D'autant plus d'actualité que justement, tout le monde pense que ce sont des acquis...

pinkphone

Tokyo, parc de Ueno, mars 2008

Posté par Aurelie B à 17:22 - La Séquence du spectateur - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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