02 août 2008

Takeshi-san

En furetant dans les rayonnage d'un supermarché de la culture à enseigne caca d'oie, je suis tombée tout à fait par hasard sur un bouquin de Kitano Takeshi (oui, osons le pédantisme des puristes nipponolâtres et plaçons le nom avant le prénom comme il se doit ; j'en aurait fait autant avec Puskas Ferenc si j'avais voulu vous parler du football hongrois des années 50). Par hasard en effet car il faut savoir que ledit supermarché ne connaît que le concept de "littérature asiatique", qui, grosso modo, consiste à aligner sur la moitié d'un rayonnage les auteurs originaires de tout ce qui se trouve à l'est du Kazakhstan... Mais peu importent finalement les circonstances de la rencontre, le principal étant qu'elle ait eu lieu.
Je connaissais un peu (pas assez) la carrière cinématographique du bonhomme mais j'ignorais tout de sa carrière d'écrivain à laquelle je me suis jurée pas plus tard qu'il y a cinq minutes de m'intéresser. La vie en gris et rose est un récit autobiographique, ou plutôt une série de souvenirs d'enfance dans le Japon d'après-guerre (Kitano est né en 1947), marqués par la médiocrité d'un père alcoolique et accro au pachinko, et les efforts d'une mère qui fait ce qu'elle peut pour sortir sa famille de la pauvreté. Quelques dessins de Kitano illustrent ça et là ces tranches de vie, rythmées par le travail de peintre en bâtiment du père auquel le jeune Takeshi participe régulièrement.
En bonne Française, je n'ai pu m'empêcher de faire le rapprochement entre l'enfance de Kitano et celle du Petit Nicolas (celui de Sempé, pas l'autre), en me demandant tout de même si la traductrice et son background littéraire n'y étaient pas aussi un peu pour quelque chose... En tout cas, la lecture est plaisante et le bouquin s'avale assez rapidement : même complètement crevée, en deux soirs c'était plié !

Quelques liens :

  • La bibliographie sur Kitano réalisée par la médiathèque d'Aubenas (sont forts ces Ardéchois !) ;
  • "Une enfance japonaise", la critique de La vie en gris et rose par Marjorie Alessandrini sur le blog Impressions d'Asie de BibliObs ;
  • Le site officiel du Petit Nicolas (avec Agnan, Geoffroy, Alceste et Marie-Edwige !). Je souscris moyen au déferlement marketing qui entoure ces derniers temps l'écolier de la IVè République mais bon...
  • Pour se faire une idée des conditions de vie au Japon après la guerre, je ne peux que recommander le manga qui donne envie de taper tant la connerie humaine y est dépeinte avec application : Gen d'Hiroshima (10 tomes ou 2 DVD pour l'adaptation en anime). Tant qu'on y est, il y a aussi l'excellent Tombeau des lucioles (le livre et l'anime), sur le bombardement de Kobé et ses conséquences sur la vie de deux gamins qui n'avaient rien demandé...

Et puisqu'on en parle...

Hiroshima_small

A propos de notre passage à Hiroshima, n'hésitez pas à jeter un oeil ici et , chez Franpi. En ce qui me concerne, le billet sera écrit... dès que j'aurais terminé le traitement des photos.

Posté par Aurelie B à 21:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Takeshi-san

    Dolls

    Dolls t'attend toujours chez nous. C'est splendide, il faut le voir. Quasiment au sommet de mon Panthéon personnel, derrière Max Pecas bien sur...

    Posté par emilie, 02 août 2008 à 22:26 | | Répondre
  • Dolls

    Faut que je t'appelle

    Posté par Aurelie B, 03 août 2008 à 10:45 | | Répondre
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